Luxembourg: Octavie Modert

written by Octavie Modert on June 26, 2012 in Ministers on Europeana with no comments

Octavie Modert

Article by Octavie Modert,  Minister for Culture:

The digitisation and making available online through Europeana of a maximum of documents, artworks and other cultural objects held by European cultural institutions is a wonderful vehicle for the promotion of the cultural heritage and intellectual and artistic creation of the member states of the European Union. In addition to this, Europeana will also highlight that beyond the diversity of national cultures, there is also a common European culture, which is a cohesion factor for the EU.

Selected Item from Europeana

Luxemburger Wort

Escher TageblattNewspaper scans from the National Library of Luxembourg – Public Domain

Digitisation not only allows highlighting the grand masterpieces. It is also an essential tool for popularising the history of our countries and of Europe. This applies especially to the press which provides an unparalleled view of the political, social, intellectual and cultural life of the past. In addition to the obvious reasons of conservation, systematic digitisation of the press responds to the strong demand from researchers and students, but also from the general public who would like to investigate family history, the history of their village or region or the history of associations. Here, the first editions of two newspapers are presented: the “Luxemburger Wort” launched in 1848 and the “Escher Tageblatt” launched in 1913. Both newspapers are still widely read in Luxembourg and they illustrate the priority given by the National Library of Luxembourg to the digitisation of the press. Since the 19th century, Luxembourg has had an astonishing diversity of print media which reflects the vitality of public debate in our small country. Moreover, the “Eurobarometer” polls agree: “Luxembourg is a nation of newspaper readers” (Romain Hilgert). The Luxembourg press, seen over the years, also reflects the multilingualism of Luxembourg and its evolution. While newspapers in the 19th century were mainly in French, the written language of the bourgeoisie, the democratisation of public life is reflected in the fact that more and more newspapers were printed in German, a language closer to Luxembourgish, which made it easily comprehensible to the wider masses. The “Luxemburger Wort”, issued the first time after the revolutionary movement of 1848 that also touched Luxembourg is a prime example for this. Created by the apostolic vicar Jean Théodore Laurent, it was meant as a catholic opposition against the liberal state. The “Luxemburger Wort” remains today the favored press organ of the catholic circles. The “Escher Tageblatt” was first a liberal-left newspaper but then in 1927 it was bought by the free trade unions and became the main press outlet for the socialist and labor left. For already a few years now, new newspapers in French are being issued, since French has become, after Luxembourgish, the second language of communication in daily life in Luxembourg, which has become increasingly multinational.

Blog post in French:

La numérisation et la mise en ligne sur Europeana d’un maximum  de documents, œuvres d’art et autres objets conservés par les institutions culturelles européennes sont un formidable vecteur pour promouvoir à la fois le patrimoine culturel et la création intellectuelle et artistique des pays membres de l’Union européenne. Mais Europeana met aussi en évidence qu’au-delà  des diversités nationales, il y a aussi une culture européenne qui nous est commune et qui est un facteur de cohésion de l’Union.

La numérisation ne permet pas seulement de mettre en exergue les grands-chefs d’œuvre. Elle est aussi un outil essentiel pour mieux faire connaître l’histoire de nos pays et l’histoire de l’Europe. Ceci vaut tout particulièrement pour la presse qui  procure une vue hors pair de la vie politique, sociale, intellectuelle et culturelle d’autrefois. Outre les évidentes raisons de conservation, la numérisation systématique de la presse répond à une forte demande des chercheurs universitaires et des étudiants, mais aussi de citoyens de tous bords, désireux de s’informer sur leur histoire familiale ou l’histoire de leur village, région ou ville, ou encore sur l’histoire associative. La présentation des premières éditions de deux journaux, le « Luxemburger Wort » et le « Escher Tageblatt », le premier lancé en 1848, le deuxième en 1913, qui sont encore aujourd’hui les quotidiens les plus lus au Luxembourg, illustre la priorité accordée par la Bibliothèque nationale de Luxembourg à la numérisation de la presse. Le Luxembourg, depuis le 19e siècle, a connu une diversité étonnante d’organes de presse  qui reflètent la vivacité du débat public dans notre petits pays. D’ailleurs, les sondages « Eurobaromètre » en témoignent : « le Luxembourg est une nation de lecteurs de journaux » (Romain Hilgert).  La presse luxembourgeoise, vue dans la longue durée, est aussi le reflet du multilinguisme du Luxembourg et de son évolution. Alors que les journaux, au 19e siècle, furent d’abord principalement de langue française, la langue utilisée pour l’écrit par la bourgeoisie, la démocratisation  de la vie publique fait évoluer la presse vers une presse paraissant principalement en langue allemande, plus proche du luxembourgeois, donc plus facilement compréhensible par la masse de la population. Le « Luxemburger Wort »,  paru pour la première fois en 1848, dans le sillage du mouvement révolutionnaire qui secouait aussi le Luxembourg, est emblématique à cet égard. Créé par le vicaire apostolique Jean Théodore Laurent, il se voulait un journal d’opposition catholique contre l’Etat libéral.  Le « Luxemburger Wort »  reste aujourd’hui l’organe d’expression privilégié, mais non exclusif, des milieux catholiques. Le « Escher Tageblatt », d’abord de tendance gauche libérale, fut racheté en 1927 par les syndicats libres et devint ainsi le principal organe de presse de la gauche socialiste et ouvrière. Depuis un certain nombre d’années paraissent de nouveaux journaux de langue française, le français étant devenu, après le luxembourgeois, la deuxième  langue de communication dans la vie quotidienne du Grand-duché dont la société est devenue de plus en plus multinationale.